Nuits et insomnies...
Another brick in the Wall (Pink Floyd)
We don't need no education / We don't need no thought control / No dark sarcasm in the classroom / Teacher leave them kids alone ! / Hey teacher, leave them kids alone ! // All in all it's just another brick in the wall / All in all you're just another brick in the wall.
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Voici les profondeurs des mots, des insomnies. Ces petits morceaux de nuits... Parfois incompréhensibles. Ces étoffes de tristesse et ces fragments de sourires...
25-09-2006
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Liberté de la prison

            J’avais écrit ce texte alors que je m’emmerdais, pendant un partiel. C’était un partiel de rattrapage dont j’avais plus ou moins rien à foutre. Je me demande ce que la prof a pensé quand elle a lu ma copie. En fait je m’en fiche. J’ai juste eu un peu peur d’avoir quelques problèmes. De me faire gentiment engueuler parce que les profs auraient autre chose à foutre que de perdre leur temps à lire des âneries pareilles. C’est vrai. Je m’en excuse auprès du correcteur. Mais c’était plus fort que moi.

            Regarder les tables autour. Y a ceux qui grattent. Ou qui grattouillent - qui font semblant de gratter, comme je fais souvent. T’écris sur du brouillon, les vagues trucs dont tu te souviens, tu développes à fond pour avoir plus de trente lignes. Et puis tu recopies le tout dans un plan plus ou moins bien ficelé, que tu rends au deux tiers du temps. Et puis tu sors et tu vas boire un coup, ou un café, avec des amis. S’il est moins de quinze heures, moi, je prends un petit déjeuner, avec des croissants et du café.

            J’avais écrit ça, donc.

 

            « Que faire ?

            Que faire ? Lénine.

            Vladimir Illich Oulianov.

            Que faire quand tu connais rien ?

            Rien.

            Attendre. Dormir. Regarder autour de soi-même. Cercle. Profs qui marchent, qui murmurent. Ecouter le silence si bruyant. L'écouter et se demander ce qu'on fait là. On attend en fait. Oui. On attend. On attend que le temps passe. On n'attend pas une heure, non. Ca, on s'en fiche. On attend l'année suivante. Seconde première année. Vacances. Ne rien faire. Ecrire. Finir un roman. Et puis lire quelques bouquins aussi. Se décider enfin à lâcher Marc Lévy, Guillaume Musso, Didier Van Cauvelaert, Christine Angot, Nicolas Ray, Fredéric Beigbeder, Lolita Pille ou Florian Zeller, lâcher cette littérature contemporaine pour se décider enfin à manger avec délicatesse À la recherche temps perdu de Proust. Se délecter de "Sodome et Gomorrhe", ou avaler, comme un dessert - pour terminer le tout, les sept romans - "Le temps retrouvé", avant de se motiver pour la seconde année. C'est bizarre. On se dit qu'on n'est pas trop con. On n'a pas bossé. Pas habitués, après le lycée. C'est pas une excuse. On n'a pas d'excuse. Aucune. On n'en cherche pas d'ailleurs. Assumer simplement. Assumer de préférer vivre dans le présent plutôt que dans le futur. Préférer avoir le courage de mourir de jeunesse.

            Vivre, c'est avoir la sagesse de tout donner au présent, plutôt que la faiblesse de croire que le futur puisse être beau. Nous n'avons pas cette naiveté.

            Et regarder autour de toi. Non. Les yeux plongés dans le papier.

            Ecrire. Ca n'a rien à voir. C'est en attendant. En attendant la seconde année.

            Ecrire

            Ecrire pour ne pas perdre son temps. Pour montrer malgré nous qu'on n'est pas inculte, complètement stupide, ou qu'on est fou, inconscient. Pour montrer que l'on a fait le mauvais choix, comme beaucoup.

            Ecrire pour soi-même, pour le plaisir. Ecrire pour garder des traces de ces sombres et pessimistes pensées qui passent devant nos yeux. Ecrire pour se grandir sans aucune prétention. Ecrire pour se souvenir qu'on n'est capable de rien. Ecrire en acceptant de n'être rien aux yeux des autres, mais tellement pour soi-même.

            Ecrire pour se souvenir, et regarder ces souvenirs comme des images d'un été, avec le soleil qui brille et qui nous fait pleurer quand on le regarde trop fixement. Ecrire pour aimer les autres. Pour essayer malgré tout d'être quelqu'un de bien. Sans avoir la prétention de grandir nos âmes. Ecrire pour être meilleur humain. »

25-09-2006, 00:14:20 Nuits et insomnies... Nuits, ou insomnies ?
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Commentaires
13-01-2007, 22:06:24
Et ben !
Si j'avais été prof, j'aurais adoré! D'ailleurs j'adore quand même et je suis loin d'être prof ! C'est aussi fort que moi avec l'employeur ou le dentiste... ouais, aussi fort ! Bravo !
http://direetterre.over-blog.com
ANNE
29-09-2006, 18:06:26
J'aurais aimé "mourir de jeunesse", mais je me sens trop vieille pour ça...
C'est bête à mon âge, cet excès de prudence tout le temps, ce manque d'insouciance trop souvent.
Brel détestait la prudence et les gens prudents, comme je le comprends.

Tu as bien fait d'écrire ce jour-là, c'est un beau témoignage :)

http://nocturne.canalblog.com
Poussière
krazylis@tiscali.fr
25-09-2006, 22:54:24
...
Ecrire pour se souvenir... tellement vrai! Ecrire pour ne pas mourir! Mais surtout, écrire pour vivre! Bonne semaine! Bisous
http://titemel.skynetblogs.be
Titemel

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L'existence est vaine...
La vie est sale. La vie n'est pas une fille facile. Il faut savoir l'amadouer, ne pas être trop brusque, ni trop timide. Il faut savoir ne pas marcher sur ses plates bandes. L'idéal étant de construire un bonheur à deux. Si on est moins fort que la vie, on est triste, vraiment malheureux. Si on est plus fort qu'elle, on se trompe : on n'est jamais plus forts que la vie. Puisque la vie est un enfer, si je meurs, c'est pour gagner. Je ne veux pas mourir pour perdre ; ça serait trop facile !

Bonjour Tristesse...

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