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| Another brick in the Wall (Pink Floyd) |
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| We don't need no education / We don't need no thought control / No dark sarcasm in the classroom / Teacher leave them kids alone ! / Hey teacher, leave them kids alone ! // All in all it's just another brick in the wall / All in all you're just another brick in the wall.
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| Voici les profondeurs des mots, des insomnies. Ces petits morceaux de nuits... Parfois incompréhensibles. Ces étoffes de tristesse et ces fragments de sourires... |
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20-09-2006 |
Société, emprisonnement, conformisme et anti-conformisme. |
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J’entends souvent dire que l’Homme est un poids pour la société, qu’il l’empêche d’avancer, de se développer. Que l’Homme est un frein au progrès, même si c’est lui qui le génère. J’entends souvent dire que l’Homme est rebelle, qu’il veut toujours l’anti-conformisme lorsqu’il est jeune. Qu’il veut toujours se détacher de cette société - mais pourquoi, elle n’est pas si oppressante ? Je pense exactement le contraire de cela. Ce n’est pas l’individu qui est un poids pour la collectivité, mais bel et bien la collectivité qui est un poids pour le développement de l’individu. Ce que l’on veut, c’est la Liberté. Mais, au nom du respect de la société, on a enfermé l’individu dans une prison qu’on appelle la collectivité. Alors, il y a deux sortes d’individus. Ceux qui se fondent dans la masse, qui, volontairement ou non, sont des purs produits de la société occidentale actuelle, qui est la marque. Et puis le modèle, c’est le milieu dans lequel ils ont été élevés. Cités, beaufs, « normaux », petits bourgeois, fils et fille de PDG ou autres, haute aristocratie politique, jet set,… Alors voilà. L’individu doit suivre un moule. On lui dit « toi, tu feras un BEP et tu vas galérer toute ta vie à gagner le SMIC. Toi, tu finiras profs, et tu vas galérer aussi, de dépression en dépression. Toi, t’as de la chance, t’es né dans le seizième à Paris, oh oui, quelle chance, tu vas vivre sur la fortune de Papa, te droguer un peu entre quinze et vingt-cinq ans, mais rien de grave, juste de la coke et des ecstas, et puis du cul, non, rien de grave. Etre catalogués. Intégrés de force dans cette société. Quand ça rentre pas on tasse un peu. Et voilà. C’est les individus qui regardent la Star ac’ parce qu’ils chantent pas si mal quand même (entre nous, est-ce qu’on appelle ça chanter ? Ce sont des merdes, il faut bien le dire, et puis la qualité de chant n’a rien à voir : que seraient Aubert et Renaud s’ils avaient fait la Star ac’ ? Rien). Les individus… Non. Ils ne sont pas individus. Ils ne sont qu’entité d’une masse. C’est tout. Et dans cette catégorie, il y a deux sous-catégories. Il y a celles et ceux qui sont dans cette spirale depuis des années, qui n’y sont même pas rentrés : on les y a mis. Qui s’habillent en Nike parce que ça fait sportif, en Jean’s Diesel et en T-shirt Von Dutch parce que ça plait soi-disant aux filles, qui mettent des Air Max… (Entre nous, je n’ai pas connu un seul modèle de baskets, chaussures ou quoi que ce soit, qui puait autant des pieds que les Air Max), et puis qui écoutent du R n’ B, et des conneries, qui sont fans du Duo entre Calogero et Passi, Face à la mer, et quand on leur parle du Imagine de Lennon, ou du Another brick in the Wall des Pink Floyd, ils croient que c’est de la musique classique qui remonte à l’avant Monteverdi, version Etats-Unis. Laissez-moi rire. Absence totale de culture. Ou alors beaucoup de culture, mais bon, simplement bosser comme un taré pour les cours et c’est tout, réflexions erronées, goûts politiques de droite (ce que j’appelle « de droite » est tout ce qui fait obstacle aux Libertés individuelles, et qui ne respecte pas la formule « La Liberté de chacun s’arrête là ou commence celle des autres », c'est-à-dire une sacrément grande partie du paysage politique français). Inintérêt total. Rien à foutre. Et puis ceux qui sont entrés volontairement dans ce conformisme, parce qu’ils pensaient que c’était mieux pour eux. Parce qu’ils savaient qu’ils seraient heureux dans cette société. Il faut bien comprendre que je ne critique pas le conformisme à la société. Je critique le fait d’entrer dans ce conformisme par défaut, sans l’avoir véritablement choisi. Choisir en toute connaissance de cause de vivre dans cette société, dans cette prison, est tout à fait sain, et même, à la limite, louable. Même si personnellement, j’aurais toujours un peu de mal à comprendre cela. J’essaye pourtant. J’ai mal au ventre, putain… J’ai mal au ventre de voir tout ça. Le soleil me pique les yeux. Et puis il y a la seconde sorte d’individus. Les anti-conformistes. (Me considérant moi-même comme un anti-conformiste, tout ce que je vais dire maintenant pourrait vous paraître infiniment prétentieux, ce qui n’est absolument pas le cas, et bien sûr involontaire). Etre anti-conformiste, c’est refuser les barrières qu’on nous impose. L’anti-conformisme ne peut pas s’expliquer sans la notion de Liberté. Liberté de se déplacer sans être toujours emmerdé, Liberté de vivre seul sans à avoir à rendre des comptes à qui que ce soit, Liberté de ne pas être jugé - que ce soit à propos de ses actes ou de ses paroles - par autrui, amis, parents, connaissances, famille, etc. , Liberté de coucher avec qui on veut, Liberté de choisir la morale que l’on veut, Liberté de ne pas avoir de morale, parce que par définition, la morale est quelque chose qui n’existe pas, tant que cela ne nuit pas à autrui, Liberté aussi de penser (ça me fait penser à l’horrible et - malgré tout - ultra conformiste chanson de Florent Pagny, et j’en suis désolé, la ressemblance est purement fortuite) oui, donc, Liberté de penser ce que l’on veut, Liberté de se dire que seule compte la Liberté, Liberté de se détruire à coup de drogue, d’automutilation, si l’on en a envie, Liberté de se laisser crever, Liberté d’être dégoûté par le monde qui nous entoure, Liberté de souffrir, parce que l’anti-conformisme isole, il isole de tout : des collègues de travail, des camarades de classe, de nos parents, des camarades de promo à la fac, de notre entourage. Oui, l’anti-conformisme isole. Et c’est la raison pour laquelle, choisir de ne pas ressembler aux autres, choisir d’être différent est la base de la souffrance pour l’être humain. C’est une des raisons principales pour laquelle au début de l’adolescence, les gosses ne veulent qu’une chose : ressembler aux autres. Alors ils emmerdent leurs parents pour qu’ils leurs achètent les mêmes baskets que machin, ou le même gilet que machine. Et puis certains deviennent des conformistes, et, sans rendre compte, deviennent des adultes en gardant cette mentalité de ressemblance, volontairement ou non ; je recommence pas ce que j’ai dit tout à l’heure. Et puis il y a ceux qui s’en détachent au contraire. Qui n’ont qu’une seule et unique envie : ne pas ressembler aux autres. Etre différent, parce qu’il est évidemment hors de question d’être complice de tout cela, de toute cette merde. Mais c’est aussi une manière de se protéger, de s’innocenter : non, je suis différent, je suis pas responsable de cela, je peux me permettre de critiquer, moi, quitte à passer pour quelqu’un d’hautin, d’égocentrique ou de moralisateur, quitte à être détesté. Il y a une phrase que je vois un peu partout sur des blog soi-disant gothiques (en général tenus par des filles de quinze ans qui croient qu’être gothique, c’est dire que le monde est moche, se maquiller les yeux en noirs, mettre un collier à pics et un bracelet de force, avec des poster de Korn dans la chambre, mais qui ont pour chanson préférée Mistrals Gagnants de Renaud), une phrase qui dit « Je préfère être détesté(e) pour ce que je suis, qu’aimé(e) pour ce que je ne suis pas ». Cette phrase est pourtant profondément vraie. Qu’est-ce que j’aimerai être détesté par tous ces gens pour ce que je suis ! Des fois, on dit « Oh, il est sympa, il est marrant ». Je m’en fous. J’ai pas envie d’être marrant. Ou alors « Il dit pas grand-chose, il est timide ». Non pas timide. Dégoûté, peut-être. Mais bon… Trop d’amour-propre pour être aussi méprisant. L’outrecuidance, c’est l’assurance que les autres nous prennent pour rien. Et si je suis détesté, je veux l’être parce que je suis quelque chose. Il n’y a rien de pire qu’être détesté à cause du vide que l’on a en nous. Alors, ce n’est pas l’apologie de l’anti-conformisme que je veux faire. Simplement l’apologie du choix. Il faut avoir fait un choix. L’absence de choix, c’est l’inexistence sans même s’en rendre compte. Sans même se rendre compte que l’on est rien qu’un grain de sable. L’anticonformisme c’est pareil. Sauf qu’on a la fierté que notre grain de sable soit d’une autre couleur. Un peu plus blanc ou un peu plus sombre. Un peu plus innocent, peut-être. Un peu plus réfléchi, un peu plus pure. Avec une belle âme. Mais même si je suis fier de cet anti-conformisme, même si je le revendique, il faut savoir que c’est une souffrance quotidienne. Il faut revendiquer cette différence, en être fier, mais quelle souffrance ! En plus de l’incompréhension des autres, il y a l’incompréhension du monde envers nous-même, l’incompréhension de nous-même envers le monde (« pourquoi vendre toujours quand y a tant à donner / T’as beau m’expliquer que ça fait parti d’un système / Il me faut bien des pilules pour l’avaler ») la violence et les claques que l’on prend dans la gueule par les autres, geôlier de cette prison qu’on appelle la vie, qu’on appelle la société. J’ai toujours en tête ce vers de Renaud, dans Son bleu : « Merde aux Hommes, et merde à Dieu »… Fier d’être différent, et pour rien au monde, s’éloigner de cette souffrance, parce que c’est ce qui fait que l’on est nous, que je suis moi. Arrêter de souffrir consisterait à mourir. Ou à être encore plus malheureux. Lorsqu’on est anti-conformiste, jamais on ne pourra se satisfaire de vivre « comme les autres ». Non, c’est un état, en fait, l’anti-conformiste, pas un choix. A la différence du conformisme. Lisez Le frangin d’Amérique, de Louis Bériot, un roman publié aux éditions Michalon, vous ne le regretterez pas, et un document du même auteur sur la société française, le bazar de la solidarité, publié chez J.C. Lattès. Il est impossible de se développer, de vivre heureux, lorsqu’on est enfermé dans des règles comme « commencer le travail à huit heures ». Regarder Navarro ou Julie Lescaut le jeudi soir, La Crim’ le vendredi, et Justice de femmes le lundi, parce que la copine veut les voir, et puis mal la baiser après, et dormir tôt parce qu’il faut se lever le lendemain, «Je dois rentrer », mais merde, où est-ce que tout le monde doit rentrer quand il dit qu’il doit rentrer ?, « J’ai cours à neuf heures », et alors ? « T’as pas de la monnaie ? ». « T’as eu ton permis ? ». « Le temps sera nuageux sur la majeure partie de la France… ». « Les nominés sont… ». « Liquidation Totale, 50% sur tout le magasin ». « Ah, toi aussi t’as acheté des Converse ». « Buuuuuuuuuuuuuuut ! ». « La bourse de paris clôture en baisse avec… ». « Quel temps pourri ! Ils annoncent pareil pour demain »… Tout ça m’énerve. Quelle bassesse ! Mais comme on vit ici, on n’a pas le choix, on est obligé de se dire que c’est bien que Machin ait eu son permis, d’être content quand Henry marque contre le Brésil, de demander à sa copine si elle a du liquide pour payer le pain parce que la connaissant, la boulangère va faire la gueule si je me ramène avec un billet de cinquante euros, dire qu’on doit rentrer parce que… pour rien d’ailleurs. Mais ne soyez pas ce que la télé, les médias, les autres vous demandent d’être, soyez vous-même. Ne cherchez pas à plaire. Balzac disait « On ne peut devenir que ce qu’on est ». Oui. Pas devenir ce que la société nous demande d’être. Si ce qu’on est est différent du monde, alors tant pis. Ou tant mieux. 
20-09-2006, 01:23:55 Nuits et insomnies... Nuits, ou insomnies ?
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19-09-2006 |
Un idéal ? Plutôt crever... |
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Ca va être puéril. Naïf. Mais tant pis. J’en n’ai rien à foutre, que ça paraisse naïf. Parce que c’est sincère. Et puis il y a deux sortes de naïveté. La première est celle de ceux qui pensent que tout le monde est gentil, que la vie est super belle, en clair, que nous sommes le centre du monde et que tout va bien ; qui croient en Dieu. Qui croient que rien n’existe à part nous. Mais les SDF qui dorment dans les rues, l’hiver, par moins dix degrés, et qui crèvent de froid, qui gèlent, ils existent. Les Hommes politiques qui mentent pour faire passer leurs pseudo idées dans le simple but d’être élus pour ramasser quelques paquets de pognon, ou par simple ambition, ou besoin de reconnaissance, ils existent. Les gosses qui crèvent de faim, en Afrique ou ailleurs, et qu’on retrouve morts, pas loin des villages vides, morts eux aussi, à pourrir à côté d’une vache ou d’un buffle amaigri, dont la carcasse pourrie au soleil, bouffée par les vautour, ils ont existés, lorsqu’ils étaient vivants. Les multimilliardaires, PDG, directeurs de banques, qui écrasent les hommes, qui écrasent le monde, qui écrasent l’humanité, qui tuent, par le simple appât du gain, le désir de billets verts, ils existent. Les mecs qui crèvent en agonisant, dans le fin fond de la Chine, au Tibet, ou en Russie, ou en Indonésie, ou en Birmanie, à se faire enlever les ongles, couper des doigts ou des mains, castrer, mutiler, parce qu’ils ont dit qu’ils étaient pas trop d’accord avec le régime politique, ils existent. Les petites putes de 8 ans, en Thaïlande, elles existent. Les gosses qui cousent les ballons de foot et les casquettes Nike, ils existent. Les connards qui tuent les ados en leur refilant de la coke, coupée à la merde, ou de la coke tout court, ou des ecstas, ils existent. Les femmes à qui on coupe le clito parce que c’est marqué dans le Coran, elles existent, tout comme les africains qui crèvent du SIDA parce que le Pape a dit que la capote c'était interdit, le Pape qui devient alors un criminel ; est-ce que des gens comme Bush, Benoit XVI, le "président de la Chine", seront un jour jugés pour crimes contre l'humanité ? Les gamins et les hommes qui traînent dans les rues, morts, dans les rues de Bagdad ou de Beyrouth, dans toutes les rues de toutes les villes en guerre du monde à travers l’Histoire, la gueule arrachée, le ventre crevé, ils existent. Ces soldats qu’on envoi en Irak se faire sauter sur des bombes, ils existent, ou ces kamikazes droguées aux idées extrémistes qu’on envoi se faire exploser dans des tours, ils étaient bien vivants, eux aussi. Et ces femmes enceintes qu’on lapide à mort parce qu’elles sont pas mariées, elles existent aussi. Ces gamines qu’on viole, ces enfants qui travaillent, ces noirs ou ces arabes qu’on insulte, ces juifs qu’on gaze, ces livres qu’on brûle, ces tueurs qu’on tue, ces journalistes qu’on égorge…* Je m’arrête, sinon, j’en fais cent pages. 
Parce que la région la plus reculée des enfers s’appelle le Tartare, c’est là que nous vivons. Parce toute cette vie est un grand mensonge, parce pendant qu’on nous balance des pubs en se demandant si on va être assez cons pour acheter le dernier Nokia, les tout nouveaux Tampax, la dernière BM ou les yaourts à hélices, le monde crève. De faim, de froid, de peur, d’existence. Bientôt, nous ne serons plus qu’une poubelle. Le monde est le sac. On est en train de le remplir. Et il a jamais été aussi près de déborder, ce putain de sac. Des gens comme les politiques essaient de le fermer, pour que ça sente un peut moins fort, mais ils savent pas faire les nœuds… 
Alors croire que la vie est belle, c’est égoïste. Et puis il y a la naïveté de ceux qui disent que la guerre c’est pas bien parce que ça tue des enfants ; qui disent que le but c’est le bonheur, mais pourquoi les gens sont pas tous heureux ? mais pourquoi les gens ne s’aiment pas ? Moi, je suis plutôt de cette naïveté-là. La naïveté rebelle. Enfin, j’étais. Parce que j’ai passé l’âge d’être naïf, et encore plus d’être rebelle. Les super héros n’existent pas. Ce qui existe, c’est la mort. Et c’est tout. Mais bon, tu vois, on s'amuse pas à philosopher ou quoi que ce soit, là : on constate. Et le diagnostic ne donne qu'une envie : dégueuler. Ou une autre envie, aussi, peut-être : crever. Si seulement on en avait le courage... Et encore, je parle du monde. Je ne parle pas de l’absence de futur au niveau personnel… Je sais que c’est pessimiste, mais quand on y réfléchi, on se rend bien compte qu’être optimiste, c’est nier ces choses-là. Moi, tant que tout cela existera, je ne serais pas heureux. Ca peut paraître nul, puéril, mais c’est comme ça. Et quand je vois le monde dans lequel nous vivons, je n’ai aucune envie d’être heureux. Une fois, une amie m’a demandé si j’avais envie de vivre. - Vivre ? Plutôt crever…
* Avertissement : il est bien évident que je ne considère pas les autodafés comme quelque chose d’aussi grave que les viols de gamines ou que la shoah. Si je mets ces éléments côte à côte, ce n’est en aucun cas pour faire un parallèle, ou les associer, ou les comparer, mais simplement pour dire. Il est bien évident que la persécution du peuple juif entre 1939 et 1945 est la plus grande atrocité que le monde ait connu de toute son histoire. (Voir Bonjour Tristesse…, à l’adresse suivante : http://motsrouges.skynetblogs.be dans l’article intitulé « Mémoire… »
19-09-2006, 01:01:25 Nuits et insomnies... Nuits, ou insomnies ?
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16-09-2006 |
Absence(s) |
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Toujours la même série. Sempiternelle et effroyable vérité. Mort. Mort d’un proche. Comment supporter ? Pas le choix. On supporte. On nous l’annonce. Réaction. « Déjà ? ». On s’y attendait. Pas si tôt. Et merde. C’est pas le jour. Mais il y a un jour pour mourir ? Je sais pas. Pour soi-même, oui, sûrement. Pour les autres, non. Jamais. Et puis c’est quoi ces cons qui disent que l’amour est plus fort que la mort ? On beau les aimer, les gens meurent. Des fois, on se dit que ça sert à rien. Mais y a toujours… Un de ces sales matins… Où l’on se dit que l’amour… Ca sert à rien. Je me souviens de ton visage qui dormait dans ton cercueil, avec tes lèvres pincées. Ta peau blanche, maquillée. Regarder. Entendre des pleurs. Des sanglots. Moi non. C’est pas que je réalisais pas. Au contraire. Je réalisais peut-être trop. Oui. C’était fini. Tu étais morte. Ben c’est tout. C’est comme ça. La mort fait partie de la vie. Et puis dans l’église. Le curé qui disait ses absurdités. Mais écouter quand même, parce que t’y croyais, toi. Tout le monde chiale. La cathédrale est pleine. Des fleurs partout. Je regarde ces gens. J’ai accepté. Je suis impassible. Au fond de moi, c’est le déluge. Il pleut à sceau. Il pleuvra toujours. De plus en plus. Parce que je repense à ces moments. Trop rares ; si nombreux soient-ils. Et puis la pierre qui se referme. Je suis un des premiers à balancer une fleur sur le cercueil. Et puis j’attends. Triste. Pas un sourire. Pas une larme. Et puis je regarde les mecs en noir qui posent cette putain de plaque de ciment qui va t’enfermer à jamais, qui va te laisser là, pour toujours. Une boite de ciment. Et puis repartir. Seul dans ma bagnole. Fenêtres ouvertes, musique à fond. Et voilà. Je sais pas ce que j’ai bien pu manger ce soir-là. J’ai pas dormi de la nuit. J’ai débarqué chez des amis. Je me suis bourré la gueule. Non. Je sais même plus. Oubli de l’après. L’avant est gravé. Oui, parce que ces morceaux de vie, il faut les figer en nous, les graver dans nos mémoires. Demain peut ne pas exister. Triste. Riche de ce que tu as donné, de ta vie. Meurtri. A jamais. Rien d’autre à dire là-dessus. C’est mon problème. 
Puisque ta maison, aujourd’hui c’est l’horizon… Autre chose. Rien à voir. Comment faire le deuil de quelqu’un qui n’est pas mort ? De quelqu’un de qui on est éloigné définitivement. On le sait. On dirait ce bouquin, là. Un de ceux qui m’ont retourné la gueule : « Les gens sont cons, je te jure ; sous prétexte que tu ris, t’es gai. » « Et toi, est-ce que ton corps a changé ? C’est ce que je me demande à chaque fois que je regarde ta photo. Est-ce que tu as pris de la poitrine ? Est-ce que tu as grossi, est-ce que tu as maigri ? Est-ce que tes joues se sont creusées avec l’âge ? Est-ce que ton odeur a changé, le grain de ta peau, la douceur de ta peau ? Est-ce que tu portes encore un bracelet brésilien ? Est-ce que tes doigts sont toujours les mêmes ? Et ta tête, et tes cheveux ? Est-ce que tu les as laissés pousser ? Est-ce que tu te maquilles, maintenant ? Est-ce que tu t’habilles en dame ? Est-ce que tu mets des talons hauts, des talons hauts pour impressionner les hommes, les exciter ? Est-ce que tu vis avec quelqu’un ou est-ce que tu vis seule ? Est-ce que tu as un enfant ? Est-ce que tu es une bonne mère ? Est-ce que tu [le] vois toujours […] ? […] Est-ce que là où tu habites, maintenant, tu penses à moi tous les jours, comme je pense à toi tous les jours, tous les soirs, toutes les nuits, chaque seconde, chaque instant ?Est-ce que l’oubli est nécessaire à la survie ? » (Diastème, 107 ans). C’est vrai ces machins. C’est fini. J’ai oublié. Plus rien. Guérit. Pas à coup d’anti-dépresseurs. Non. A coup de mots. De livres lus. D’écriture. C’est bien. Et là, j’ai pu lui dire « je suis guérit ». C’est bien, elle m’a répondu. Oui c’est bien. Alors moi aussi je me demande parfois ce que tu fais à cet instant précis. Si tu penses à moi parfois. Moi aussi je pense à toi de temps en temps. Et je me dis qu’on a bien merdé. Que j’ai bien merdé. La phrase qui revient tout le temps, dans ma tête, c’est « quel gâchis ! » Tant pis. Ca empêche pas de vivre. Ca fait juste un poids en moins. Libéré. Enfin libre. C’est bien. Alors vivre à nouveau. Ca veut dire quoi, vivre ? Survivre à cette oppression ? Oui, peut-être. Se survivre à soi-même. C’est pas évident. Réussir sa vie. Je préfèrerai réussir ma mort. C’est moins difficile, et paradoxalement, bien plus héroïque. Il faut attendre d’être mort pour devenir quelqu’un de bien, pour être aimé. Avant, on a plein de défauts. La mort rend parfait. Je pense toujours à ces éternels matins pluvieux de septembre. J’en attends toujours un, cette année. Se décident pas. J’aimerai bien en voir un avant de me coucher, un jour. Pour aller boire cette pluie en tournant en rond, et se déchirant, les gouttelettes ruisseler sur mon vêtement noir synthétique. Tu mets Indochine à fond et tu pleures en rêvant. Pleurer pour quoi, d’ailleurs ? Parce que c’est beau. Non, ma propre mort. Je vois ma propre mort. Je m’aime un peu quand même. Et parce que c’est moi, mes larmes peuvent pas rester à l’intérieur. Quand tu meures, ton sang il va où ? Il devient quoi ? Je suis un peu fasciné par la mort. Mais surtout par ma propre mort. Je suis athée. Athée à fond. Mais même. Je peux pas m’empêcher : et si la mort était plus belle que la vie ? Et si ces absurdités auxquelles croient ces quelques milliards d’êtres humains - et c’est leur droit - inventées par l’Homme et pour l’Homme, pour rendre la mort moins douloureuse, étaient vraies ? Si on allait quelque part ? Si on sentait notre corps happé par un truc bizarre ? Si on nous enlevait notre souffrance, et que le rien qui resterait était rempli de bonheur jusqu’à la fin de l’éternité, pour toute notre mort ? Je sais pas. Mais toi t’es pas morte. T’es juste absente. Partie. Partie sans laisser de trace. Enfin, je sais où te retrouver. Mais partie sans dire au revoir. Je m’en suis remis. Très bien même. C’est plus qu’un voile qui me suis encore un peu. Le voile s’en va. Je ne vais bientôt plus traîner qu’un ciel bleu derrière moi. Tu vois, marcher dans un champ tout vert, l’été. Y a des coquelicots. C’est naïf. Ca fait cliché. Je m’en fous. Ca doit soulager la mort, non. Sais pas. Jamais été. Trop cher, l’avion. Et puis là-bas, les aéroports son rares. Faut les trouver dans la jungle. De toute façon, j’ai peur des lions. Je me vois bien rêver dans la pluie de septembre, tourner en rond, les bras écartés, regarder en l’air et les guitares qui saturent l’air mouillé, des pétales de fleurs noirs qui tombent sur mon corps, mourant, puis sans vie. Et à mon enterrement, t’étais pas là. Ne plus te voir, vivant, je l’ai accepté. J’aurais même peut-être pu être un peu heureux, un jour. Mais ne pas te voir à mon enterrement… Ca m’a prit ma mort. Je suis encore vivant. Dommage. Je connais par cœur ici. Mais je peux encore écrire. Merde. Encore enfermé dans l’écriture que j’aime par-dessus tout. Qu’est-ce qu’on dit à la fin ? Je sais pas. Je crois qu’on dit le plus simple. Tous. On dit… C’est fini. 
16-09-2006, 03:03:01 Nuits et insomnies... Nuits, ou insomnies ?
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10-09-2006 |
Tous condamnés... à survivre |
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Bonsoir à toutes et à tous. Je voudrais expliquer en deux mots le fonctionnement de ce blog. J’ai écrit plusieurs textes. Des Lendemains de fêtes à l’Autopsychanalyse, en passant par la nuit et l’aube, entre autres. Ces textes forment un tout, un ensemble. Ils sont une première partie. J’y décris quelques morceaux d’impressions, quelques illusions que la magie de la nature est encore capable de nous apporter. Quelques descriptions de moments. Je réécrirai peut-être ce type de texte plus tard. Avec Come-back et vision du monde, j’ai écris le premier texte d’une seconde partie qui sera davantage axée sur mon inévitable pessimisme vis-à-vis de ce monde qui nous entoure, dans lequel on vit. Parfois moins bien écrit que la première partie, il y aura aussi moins de rêve, plus de réalité difficile, des choses dures, des moments d’effroyable vérité. Mais il faut montrer. Il faut savoir. La seule solution pour que les gens sachent dans quel monde ils vivent, et qu’ils en sont plus ou moins acteur eux aussi, à leur manière, c’est de montrer. De montrer toute cette merde, quitte à choquer. Tant pis si on choque. Ou tant mieux. Ça veut dire que l’on prend conscience de la bombe que nous avons fabriquée en ne faisant que vivre… Je suis également surpris de moi-même. J’ai écris, dans Bonjour Tristesse…, une nouvelle qui se passe de l’insouciance du milieu des people, dans le je-m’en-foutisme de ces soirées mondaines et irréelles (voir http://motsrouges.skynetblog.be), le lendemain, j’ai ajouté le texte plein de pauvreté et de l’inhumanité. C’est deux opposés. Mais en même temps, les deux décrivent la lente et décadente perte de l’être humain, de la vie. Commençons dès maintenant, donc. 
Je voulais parler de notre génération. J’en parlais cette nuit avec L. (P.A.), et c’est vrai que nous n’avons pas de chance. Dans l’Histoire, les Hommes ont toujours recherché le bonheur, sous quelque forme que ce soit. Ils ont été des admirateurs d’Epictète bien avant son existence, et même souvent après sans le connaître. Epictète avait pour idée que la vie des Hommes ne devait être faite que de la recherche du bonheur, propre à chacun, sous quelque forme que ce soit. Puisque le dessein des Hommes, est, de toutes les façons, de vivre heureux. Aujourd’hui, tous ces bonheurs sont épuisés. La télé, Internet, nous donnent tout, tout de suite. On n’a plus rien à chercher. On n’a aucune recherche à faire. On ne demande rien, mais on obtient quand même. On est prisonniers de ce qu’on appelle le progrès. Le progrès qui a inventé la dynamite, la bombe atomique, les mines antipersonnelles, la drogue sous des formes plus fortes qu’avant (même si - par exemple - l’opium existe depuis des millénaires), la prostitution, mais forcée, la faim, les épidémies de sida, les marées noires et l’obligation dans les grandes villes asiatiques de sortir en se masquant la bouche et le nez pour ne pas se tuer rien qu’en respirant. Oui. Même respirer devient dangereux. Tout pour dire que l’on n’a pas de projets comme les générations d’avant. Ceux qui avaient vingt ans en 1968 ont vu encore un espoir de changer le monde, et de vivre. La désillusion des années 1970 n’a pas eu raison de l’espoir de certains, de nos parents par exemple. Mais nous, qui sommes nés au cours des années 1980, nous n’avons plus rien. Nous n’avons vécus que l’agonie de Mitterrand et le désastre de Chirac au niveau politique, les guerres du Golfe. Nous n’avons pas de chances parce que nous n’avons pas d’avenir, tout simplement. Je n’ai aucun projet parce le futur n’existe pas, ou alors, il est dans un tel brouillard qu’on ne voit pas à deux mètres. Tout est flou. Faire des études parce que « c’est comme ça ». Je déteste ce « c’est comme ça ». C’est la preuve que nos corps, notre quotidien, nos pauvres habitudes, nos âmes et nos esprits sont enfermés dans une société qui nous méprise et qui nous guide, partout où nous allons, dans la vie publique comme privée, dans l’enfance et l’adolescence, les études et la vie active, de la naissance à la mort. Toute personne qui essayerait d’entrer plus ou moins clandestinement, avec plus ou moins de réussite, dans ce que l’on appelle - peut-être abusivement - l’anti-conformiste, doit souffrir. Et c’est le cas. Nous, qui sommes désabusés, pessimistes, c'est-à-dire clairvoyants, lucides, nous sommes anti-conformistes. Dans ce cas, la souffrance pour le monde est inévitable. Et comme le futur n’existe pas, nous savons nos vie vaines, nos existences ne sont qu’un leurre. Nous souffrons pour le monde et pour nous même. Tout cela n’a plus aucun sens. Maintenant, on n’a qu’un but : ne pas être trop malheureux, et attendre, attendre la mort, avec des choses comme la philosophie, et la psychologie. On s’y intéresse. On en parle pour passer le temps. On discute, on rit, on baise, tout ça pour passer le temps. On a du inventer ces plaisirs, tellement on souffre. Depuis la nuit des temps, la vie est une souffrance perpétuelle. Malheur aux lucides qui ont eu la chance ou le courage de s’en rendre compte. Voilà. C’est pas très joyeux. Je sais bien. Et j’en suis désolé. Mais il y a quand même peut-être des choses à vivre. Je ne sais pas. Peut-être que l’amour existe encore. Nous le savons, nous. Les autres, non. Je sépare « Nous » et « les autres ». Les autres sont tous ceux qui ne nous ressemblent pas, qui vivent sans réfléchir. Qui ont la chance de prendre la vie comme elle vient, naïvement. Nous. J’ai envie de nous appeler « les romantiques » mais non. Ca va pas. C’est faux. Je ne sais pas comment nous appeler. Je me comprends. Et regardez mon univers, l’univers de mes deux blog, vous comprendrez aussi. Je m’aperçois que ce blog n’est pas très humain en fait. Je ne réponds pas à vos commentaires dans mes post, je n’écris pas de messages personnels, on n’apprend rien ou pas grand-chose sur moi. J’en suis désolé, mais tout cela est volontaire. Je voulais faire des blog dans cet esprit-là. Quoiqu’il en soit, je ne vous oublie pas, vous lis régulièrement, vous laisse des commentaires quand j’en ai l’occasion et le temps, et vous remercie pour les votres. J’espère que votre rentrée ou reprise a été bonne et que tout s’est bien passé. A très bientôt.
10-09-2006, 02:48:40 Nuits et insomnies... Nuits, ou insomnies ?
Commentaires (5)
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05-09-2006 |
Come-back et vision du monde |
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Vacances. Je m’emmerdais. Mais elles étaient indispensables. Elles m’ont permis de me couper du monde. Plus d’ordinateur, plus de télé, pratiquement plus de téléphone. Ca m’a quand même fait du bien. Retour sur ce blog-ci, après le retour d’hier sur Bonjour Tristesse… 
Tu vois, une larme qui vient doucement. Clavier. Lettres floues. Vision brouillée. Clavier d’ordinateur ? Clavier de Piano ? Le quatre mains des enfers de Noces Funèbres. Une marre de sang. Tes yeux sont rouges. À qui tu parles ? A toi ? A moi pardon. Pareil. On s’en fout. Plus rien ne compte. Juste attendre la mort. Crever, et sécher sous le soleil qui laisse agoniser la vie qui nous a porté. Etre bouffé par les vautours. Je n’ai pas trop envie de parler de moi. Parce que j’ai pas grand-chose à dire. Peut-être que demain ou après demain, j’arriverai à pondre un texte, mais là, rien qui convient. Je voulais faire une réflexion sur le monde, le noir. Mais je vais encore emmerder tout le monde avec mes idées sombres. A dire qu’on va tous crever, qu’on sait pas ce qu’on sera dans vingt ans, et que, franchement, lorsque je regarde notre état actuel, je ne vois absolument pas comment tout cela pourrait revenir en arrière. On est au bord du précipice, mais avec le vent dans le dos. C’est pessimiste. J’aime bien ces images qui peuvent paraître belles, mais, quelques secondes après les avoir lues, vues, nous rappellent que nous sommes nous-même une maladie chronique de laquelle on meurt lentement dans d’atroces souffrances. J’aime bien faire des séries de courts paragraphes, pour réfléchir, et puis expliquer une action dans un pavé. Je regarde dehors. Je vois la pollution lumineuse que génère Reims, au loin. Et je me dis que les étoiles qu’elle cache sont autant d’espoir de vivre en moins. J’ai l’impression de vivre tout entier et en permanence dans une chanson de Saez. Pas une en particulier. Saez, c’est tout un univers. « Je veux m’en aller… Je veux pas crever… Dans cette inhumanité… » La télé. La télé est l’arme de destruction massive la plus dangereuse. On aurait pu en faire un objet de survie. Mais c’est en fait, heureusement ou malheureusement, je ne sais pas, le reflet d’un certain monde. Guerre, morts, guerres, argent, guerre, morts, supermarchés, courses de noëls, inhumanité du gouvernement envers les sans-papiers ou je ne sais quoi, guerres… Tiens, c’est bizarre, les gens ont pas le moral. Ben, non, c’est pas bizarre. Connards. Oui, je suis violent. Oui c’est hard. Désolé. Et encore, tout ça, je ne l’ai pas conjugué au mode sanguinolent. Passons. Faut être dingue pour croire en Satan, mais encore plus pour croire en Dieu. Qui sera assez fort pour nous faire croire que ces divinités qui n’existent pas nous aiment et font notre bien ? Tout est en train de crever. C’est bien la preuve que Dieu n’existe pas. On n’a rien fait de mal, nous. Les autres, oui. Mais nous. On balance pas des bombes sur les gosses. On emprisonne pas des mecs au fin font de la Sibérie ou dans les montagnes de Chine. On n’écrase pas le monde entier pour faire monter nos actions en bourses pour faire passer vingt-sept milliards de dollars des Etats-Unis à Taiwan. On n’est mas les maquereaux des putes thaïlandaises de 7 ans, ni les patrons de leurs petits frères de 5 ans qui fabriquent nos autoradios et les casquettes Lacoste de ces rappeurs qui chantent en crachant soi-disant contre l’infernal tourbillon de la société, mais qui cautionnent ça, comme tout le monde, comme nous tous. Voilà, c’était juste pour dire qu’on vit dans un monde de merde, que, sans rien faire de mal, de volontaire, on est nous-même les acteurs et les responsables de tout cela. « On est…Tu sais…Seuls à…Saigner…On est…Tu sais…Seuls à…S’aimer » J’aime bien citer Indochine tout le temps. Indo se conjugue à tous les temps, à tous les modes. On arrive en septembre. J’ai toujours dit que je rêvais de mourir un jour pluvieux de septembre. Un matin gris, avec un crachin, une pluie fine. Quinze degrés. Mourir dans un village. Ma mort ne mérite pas l’anonymat d’une ville. Je vaux mieux que ça. Mais j’ai encore la faiblesse de croire qu’une partie de futur proche peut être moins mauvaise que ce que nous vivons en ce moment. Ce ne sera pas pour ce septembre-là. 
Je suis désolé, cette image est dure, mais c’est la réalité. Et puis, on est en train de bouffer ce monde jusqu’à la dernière miette. Je me répète, ça semble peut-être puéril. Je m’en fous. Je voulais mettre un texte de Ferré que j’aime beaucoup. Ferré est un poète extraordinaire. Anarchiste. Il avait une vision du monde à laquelle j’adhère assez, d’une certaine manière. Ferré a été le traducteur de la poésie de la fin du XIXème siècle et de la première moitié du XXème. Il est décédé le 14 juillet 1993…  Pour la flamme que tu allumes Au creux d'un lit pauvre ou rupin Pour le plaisir qui s'y consume Dans la toile ou dans le satin Pour les enfants que tu ranimes Au fond des dortoirs chérubins Pour les pétales anonymes Comme la rose du matin Thank you Satan Pour le voleur que tu recouvres De ton chandail tendre et rouquin Pour les portes que tu lui ouvres Sur la tanière des rupins Pour le condamné que tu veilles A l'Abbaye du monte en l'air Pour le rhum que tu lui conseilles Et le mégot que tu lui sers Thank you Satan Pour les étoiles que tu sèmes Dans le remords des assassins Et pour ce coeur qui bat quand même Dans la poitrine des putains Pour les idées que tu maquilles Dans la tête des citoyens Pour la prise de la Bastille Même si ça ne sert à rien Thank you Satan Pour le prêtre qui s'exaspère A retrouver le doux agneau Pour le pinard élémentaire Qu'il prend pour du Château Margaux Pour l'anarchiste à qui tu donnes Les deux couleurs de ton pays Le rouge pour naître à Barcelone Le noir pour mourir à Paris Thank you Satan Pour la sépulture anonyme Que tu fis à Monsieur Mozart Sans croix, ni rien, sauf pour la frime, Un chien, croquemort du hasard, Pour les poètes que tu glisses Au chevet des adolescents Quand poussent dans l'ombre complice Des fleurs du mal de dix-sept ans Thank you Satan Pour le péché que tu fais naître Au sein des plus raides vertus Et pour l'ennui qui va paraître Au coin des lits où tu n'es plus Pour les ballots que tu fais paître Dans le pré comme des moutons Pour ton honneur à ne paraître Jamais à la télévision Thank you Satan Pour tout cela et plus encore Pour la solitude des rois Le rire des têtes de morts Le moyen de tourner la loi Et qu'on ne me fasse point taire Et que je chante pour ton bien Dans ce monde où les muselières Ne sont pas faites pour les chiens... Thank you Satan ! 
Monsieur Ferré. En ce jour d’été, la France, le monde a perdu l’un des plus grands poètes de tous les temps. Un de ceux qui font vibrer les mots qu’ils aiment et qu’ils ressentent au plus profond de leur âme. Léo ferré avait le pouvoir magique d’assembler ces mots comme un puzzle, pour nous les faire aimer, nous pénétrer avec des idées et la force des vers. Ferré aimait les mots comme personne. Et avoir cette force-là est la plus belle des qualités. Ferré mort, il y aura toujours un manque en nous, mais une immense richesse grâce à son œuvre. Merci.
05-09-2006, 00:29:27 Nuits et insomnies... Nuits, ou insomnies ?
Commentaires (9)
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| L'existence est vaine... |
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La vie est sale. La vie n'est pas une fille facile. Il faut savoir l'amadouer, ne pas être trop brusque, ni trop timide. Il faut savoir ne pas marcher sur ses plates bandes. L'idéal étant de construire un bonheur à deux. Si on est moins fort que la vie, on est triste, vraiment malheureux. Si on est plus fort qu'elle, on se trompe : on n'est jamais plus forts que la vie. Puisque la vie est un enfer, si je meurs, c'est pour gagner. Je ne veux pas mourir pour perdre ; ça serait trop facile !
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