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Je pense savoir ce que je suis. Avant toute chose, je voulais vous dire que je serai moins présent au mois d’Août, car je ne suis pas chez moi et j’ai des problèmes de connexion Internet avec mon ordinateur portable lorsque je pars. Et puis les vacances aussi. Je reviendrai en septembre, même si j’essayerai de venir poster de temps en temps quand même, ici et sur Bonjour Tristesse…, mais plus rarement, et je ne vous promets rien. Mais je vous aime. J’aime pas les fiches de présentation. Je préfère les textes. Celui-ci va peut-être vous paraître prétentieux, mais je pense que c’est objectif. Ca remplacera toutes les fois où je me rabaisse, certainement à raison, d’ailleurs.  La personnalité est une partie d’échecs. Une fois qu’on a terminé de jouer, qu’on ait gagné ou perdu, on sait à quoi s’en tenir. On connaît tout par cœur. On sait les pièces qui sont restées en jeu. Lui, même s’il connaît tout, maintenant, il a perdu la partie. On n’est jamais plus fort que la vie… Et quand on perd la partie, on n’est même pas plus fort que soi-même. J’ai décidé d’emprisonner mes sentiments. De les contrôler. La raison prend le pas sur le cœur. C’est parfois difficile. C’est nécessaire. Saigner… Il pense vraiment qu’il a réussi à faire un travail sur lui, ces derniers temps. Il a bien réfléchi. Ca peut paraître égoïste. Ca l’embête un peu mais bon… Il a réfléchi sur ce qu’il est vraiment. Ce qu’il est réellement, au plus profond de lui-même. Il sait maintenant que sa personnalité est constituée d’un ensemble de tendances, de traits de caractère qui forment un tout cohérent. Il est vraiment motivé. C’est inconscient, parfois. Très souvent même. Sa motivation est presque toujours inconsciente. Il ne s’en rend compte qu’après, mais ce n’est pas l’essentiel, loin de là. Mais peut-être que cette motivation résulte d’une peur. Peur de ne pas être aimé, d’être abandonné par ses amis. Il a toujours besoin d’être rassuré. De se sentir exister pour les autres, de recevoir des coups de téléphone, que son entourage lui donne simplement des nouvelles de lui, comme ça, sans raison. Lui, ça le rassure. Il s’inquiète pour les autres. Pour les gens qu’il aime. Tout cela se traduit par un quotidien un peu bizarre, pesant parfois, mais inévitable, parce que c’est ce qui fait toute sa vie. Sa vie de tous les jours. Il est vraiment très sensible au regard des autres. Il a des émotions exacerbées, et il a vraiment ce sentiment curieux, mais pourtant tellement présent d’être quelqu’un de différent, d’à part. Il sait bien que sa personnalité s’est très tôt développée autour de cette sensation de différence. Peut-être a-t-il pendant longtemps inconsciemment rejeté cette différence, en croyant que cela l’empêcherait d’être accepté. Toujours cette même obsession : se fonder dans la masse. Faire croire qu’il sort du même moule que toutes ces ombres qui font son quotidien. Mais sa conscience en a eu vraiment marre. Il préférait être détesté pour ce qu’il est vraiment, qu’être aimé pour ce qu’il n’est pas. Alors il a décidé de s’en foutre. Il a décidé de trouver la personnalité qui lui ressemblerait le plus. Pour ça, il a dû renier des parties de son passé conformiste. Ca a été difficile au début. Il ne regrette rien. Il ne fait que souffrir davantage aujourd’hui. C’est pas grave. C’est normal. Une vie sans souffrance, ça s’appelle la mort. Il est, à cause de cette situation paradoxale, pourvu d’une sensibilité et d’émotions qu’il croit prétentieusement, mais à raison, supérieures à la moyenne, auxquelles il s’identifie, en lui-même, sans extérioriser cela. Il est souvent fermé. En apparence seulement. Ce sentiment d’être différent est en fait l’objet d’une certaine ambivalence. Il vit cela parfois comme un fardeau. C’est la cause de la peur du rejet, qui est vraiment présente en lui. La raison pour laquelle il a sans arrêt besoin de la preuve de la fidélité de son entourage. De ses amis, de ce qui reste de sa famille. Mais à l’inverse, il aime valoriser cette différence. Il attache une vraie importance à cette unicité. Sa plus grande crainte serait d’être banal ou d’avoir une vie banale et c’est pourquoi il n’hésite absolument pas à exprimer cette différence. C’est la raison pour laquelle il a développé une certaine créativité, sans pour autant connaître l’inspiration. Cette créativité se traduit par sa manière de vivre au quotidien, mais aussi par un penchant pour le beau, l’esthétique, l’harmonieux, le noble, le délicat. Il a besoin d’affirmer son propre style. De montrer qu’il n’est pas quelqu’un de banal, allant parfois même jusqu’à l’outrecuidance. Ce sentiment d’être un personnage hors normes l’amène à avoir l’impression de n’appartenir à aucun groupe, à aucun groupe d’amis en particulier – parce qu’il ne choisit pas – plus – un groupe, mais des individus pour ce qu’ils sont, et non pour ce qu’ils ont, pour ce qu’ils vivent – ou à une obédience particulière, une classe sociale. Cette impression de ne pas être comme tout le monde entraîne une forme de non-conformisme. Il a vraiment besoin de faire les choses comme il l’entend et a toujours du mal à adopter les règles d’un groupe, quel qu’il soit (famille, amis, classe, …) ou de se soumettre à l’autorité d’un supérieur (professeur, parent, patron, coach, …). Lorsqu’il vit un évènement douloureux, il dramatise toujours. Et si cette dramatisation n’a pas de raison d’être, il dédramatise immédiatement. La première réaction est que tout cela est très grave. Cela l’anoblit par la perception d’être vraiment quelqu’un d’à part. une sorte de personnage tragico-romantique. Toute attitude, tout commentaire, chaque mot, aussi infime et insignifiant soit-il, peut le faire douter de l’amitié, de la fidélité de quelqu’un. C’est cela aussi, cette peur d’être rejeté. Ca l’emmerde un peu, cette peur du rejet. Il ne pensait pas être comme ça. Il est certain que c’est à cause de ça qu’il ne pourra jamais être aimé. Malgré ses qualités. Parce qu’il sait qu’il en a. Mais des mineures. Pas des qualités qui font réussir une vie. On verra plus tard. Ses émotions sont au centre de sa vie. Elles sont le point d’ancrage de ce qu’il peut ressentir. Elles font certainement écho avec celles ressenties lors de son enfance. Il sait qu’enfant, il dramatisait tout, tout le temps. Il a réussit à grandir après, à faire un travail sur soi-même. Mais le premier réflexe reste encore la dramatisation. Sa personnalité s’est construite sur son enfance. Se sentir abandonné. Et puis tourner le dos à cette enfance-là. Devenir le contraire de ce qu’il a été jusqu’à ses quinze ou seize ans. Il ne veut pas être ce qu’il a été. Ca a des bons côtés, mais aussi des mauvais. Il ne veut plus passer sont quotidien à faire rire les autres. Il ne veut plus faire croire aux gens qu’il ne ressent rien, même s’il reste toujours fermé à ce qui peut le toucher, ce n’est qu’en apparence, et les gens avec qui il peut enlever sa pudeur le savent. Et les autres, il s’en fout de ce qu’ils pensent. Enfant, son état psychologique oscillait entre le désespoir de ne pas être assez aimé et l’espoir retrouvé dès que l’on lui portait de l’attention. Il avait l’impression que cela ne durerait pas. Alors, toujours se plier en quatre pour résister. Et le dernier recours : faire rire. Mais c’est fini maintenant. Il préfère se murer dans sa souffrance. La recherche d’un bonheur et de l’amour est la quête de sa vie. Il ne vit qu’avec le passé et le futur, alors que son plus grand désir est de connaître le présent. Ses états négatifs sont la conséquence de ce qu’il peut – consciemment ou non – interpréter comme des signes de rejet, de manque d’attention et de séparation. De tout cela découle une connexion très forte au monde émotionnel lié à la souffrance. La mélancolie, la nostalgie. La mélancolie est d’ailleurs quelque chose de très présent en lui. La nostalgie est belle. La nostalgie, c’est la tristesse. La souffrance. C’est triste, mais c’est vraiment beau. Il est parfois heureux d’être triste. Il aime théâtraliser sa vie en se sentant, une fois de plus, différent et unique. Pourtant, ses émotions ne sont pas forcément visibles de l’extérieur et les autres ne les perçoivent pas toujours. Et malgré son profond désir d’être compris, il ne parvient pas toujours à communiquer ce qu’il ressent. Presque jamais en fait, sauf avec certaines personnes bien précises. Et encore. Les mots sont si faibles, si petits, si inexistants. Parfois, le ressenti est indescriptible par des mots. Certaines personnes pensent parfois qu’il est superficiel. D’autres sont attirés par sa personnalité, par son authenticité, les gens s’en foutent. Ils ne recherchent que le conformisme. Il aime les exceptions. Pourtant, l’authenticité est ce qu’il recherche le plus. L’authenticité des liens. Il déteste les relations purement frivoles et légères. Il aime la profondeur et l’intensité des relations et des moments de partage. Il attache vraiment beaucoup d’importance à la vérité des sentiments. Il n’aime pas trop les gens superficiels. Il aime les gens vrais. Il trouve que les autres sont fades, sans goût, sans couleur. Trop clairs. Il n’aime pas les gens naïfs qui se disent que la vie est belle, que tout est beau, que tout va bien. Il n’aime pas que l’on dise que oui, il y a des guerres et des atrocités, mais que « tant pis ». Ceux qui disent ça n’ont pas idée du dixième de ces atrocités. Peut-être est-ce qu’il vit des émotions au présent qui émanent d’un autre temps. Des émotions qui appartiennent au passé. Il pense avec nostalgie. Tout ce qu’il ressent a un rapport avec l’avant, avec ce qu’il a connu et qu’il regrette, pare que c’était bien, ou parce que c’était de trop, ou parce que c’était un rendez-vous manqué. Il a vraiment l’impression d’avoir perdu un bonheur qu’il connaissait jadis, même s’il ne l’a jamais connu. Il se rattache au passé pour mieux supporter l’enfer du présent. Il se transporte aussi dans ses rêves, dans le futur. Un futur fantasmé, un bonheur réparateur. Ce n’est qu’un leurre. Son attention oscillant entre ce passé ressassé et ce futur fantasmé a tendance, dans l’instant présent, à se focaliser sur ce qui manque par rapport à eux. Il ne sait donc pas apprécier pleinement les situations présentes car il ressent tout de suite ce qui pourrait être mieux, ce qui aurait pu rendre l’instant plus intense, ce qui n’est pas là et qui aurait pu l’être… Et c’est sous l’influence du regret ou de la déception qu’il se détourne alors de ce qu’il vit. Il repart dans son imaginaire. Son imagination, pourtant limitée, joue un rôle prépondérant dans sa vie : elle amplifie les éléments désagréables pour les rendre franchement déplaisants, et embellit ce qui manque pour le rendre enviable. Il est attiré par tout ce qui est hors d’atteinte. Il n’a aucun projet. Il n’a que des rêves irréalisables. Il est donc quelqu’un qui peut attirer, grâce à tout cela, mais qui a tendance à gâcher sa vie, et, à vouloir aider celles et ceux qui l’entourent, à gâcher la leur par le simple fait de sa présence. Mais égoïstement, il insiste. Il reste avec ses amis. Il est solitaire, mais il déteste rester seul. Il a des valeurs comme la différence, l’originalité en tant que fuite de la banalité, l’amour, les grands sentiments, les émotions, la passion, l’authenticité, le besoin d’être dans le vrai, la sensibilité, le besoin de vivre avec intensité, le beau, l’esthétique. Il a (enfin) réussit à trouver ses qualités. Pour une fois, il n’a pas trop regardé ses défauts. Il les connaît par cœur : il est défaitiste, pessimiste, clairvoyant, triste, il se dévalorise sans cesse, chiant, accaparant, timide, secret, énigmatique, exigent, parfois de mauvaise humeur, pas très intelligent, pas doué pour les études, perdant, fainéant,… En fait, il préfère dire ses qualités. En réfléchissant bien, il en a quand même trouvé quelques unes. Même s’il manque cruellement d’inspiration, il est créatif, original, spontané, authentique, sensible, humain, attentif aux autres, empathique, on se confie facilement à lui, compatissant, doté d’une certaine intelligence émotionnelle, non-conformiste malgré ce que certains croient, malgré l’impression qu’il peut donner, passionné.  Il en est très content de cette personnalité. Il a mit du temps à la trouver. Mais il est enfin lui-même. C’est bien. Mais c’est une personnalité qui va le rendre – et qui l’a déjà rendu – triste, qui va lui gâcher sa vie. Tant pis. Il n’a pas le choix. Il préfère gâcher sa vie lui-même, que la réussir en étant quelqu’un d’autre.
03-08-2006, 01:33:27 Nuits et insomnies... Nuits, ou insomnies ?
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